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Que faire dans les deux heures qui suivent une compromission

Les toutes premières heures ne servent pas à nettoyer le site en profondeur, mais à arrêter l’exploitation en cours et à préserver ce qui permettra de comprendre comment l’intrusion a eu lieu. Voici l’ordre dans lequel agir, et ce qu’il vaut mieux éviter dans la précipitation.

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La séquence des deux premières heures

  1. Limiter l’accès sans tout couper

    Passer le site en mode maintenance ou couper l’accès public arrête l’exploitation active. Évitez de supprimer le compte d’hébergement ou de réinitialiser le serveur : cela peut effacer les journaux d’accès dont vous aurez besoin ensuite pour comprendre comment l’intrusion a eu lieu.

  2. Changer en priorité les mots de passe d’accès au serveur

    Hébergement, FTP/SSH et base de données d’abord : ce sont les accès qui permettent de tout reprendre si l’attaquant a aussi récupéré le mot de passe d’administration du CMS. Le mot de passe d’administration du CMS suit immédiatement après.

  3. Garder une trace avant de supprimer quoi que ce soit

    Un fichier suspect, une redirection, un compte administrateur inconnu : notez le chemin exact, la date de modification et si possible une copie, avant de le supprimer. Cette trace sert ensuite à identifier la faille d’entrée et à vérifier qu’elle a bien été refermée.

  4. Vérifier qui d’autre a accès au site

    Un accès FTP donné à un ancien prestataire, une intégration tierce toujours connectée à l’administration : ces accès annexes sont souvent oubliés dans l’urgence alors qu’ils peuvent être le point d’entrée réel.

  5. Prévenir l’hébergeur si d’autres sites peuvent être concernés

    Sur un hébergement mutualisé, une infection qui envoie du spam en masse ou consomme des ressources anormalement peut affecter d’autres clients du même serveur ; signaler la situation évite aussi une suspension surprise du compte.

Pourquoi l’ordre compte plus que la vitesse

Se précipiter pour tout nettoyer d’un coup, avant d’avoir une idée de l’ampleur du problème, revient souvent à rater le point d’entrée réel. Le site paraît propre pendant quelques jours, puis l’infection revient, parce que l’accès qui a servi à l’attaquant est resté ouvert.

Changer certains mots de passe en oubliant les autres produit le même effet : si le mot de passe FTP a été capturé mais que seul celui de l’administration du CMS est modifié, l’accès FTP reste une porte ouverte, invisible depuis l’interface d’administration.

C’est pour cette raison que la séquence proposée ici commence par les accès qui permettent de tout reprendre, avant même de s’attaquer au contenu injecté visible.

Une fois la situation stabilisée

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Quelques questions ciblées pour que je vous réponde avec une estimation, pas avec un questionnaire de plus.

Qu’avez-vous constaté ?
Depuis quand le problème est-il constaté ?

Plus l’infection est ancienne, plus elle a pu se propager dans les fichiers et la base de données.

Disposez-vous d’une sauvegarde saine ?
Avez-vous encore accès à l’administration WordPress ? (facultatif)
Indiquez au moins un e-mail ou un téléphone pour que je puisse vous répondre.

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Questions fréquentes

Dois-je couper complètement le site ou juste le mettre en maintenance ?
Le mode maintenance suffit dans la plupart des cas, car il coupe l’accès public tout en gardant le serveur disponible pour l’intervention. Une coupure complète se justifie surtout si le site expose directement les visiteurs à un contenu dangereux, comme un téléchargement forcé.
Faut-il prévenir mon hébergeur tout de suite ?
Oui, en particulier sur un hébergement mutualisé où l’infection peut affecter d’autres clients du même serveur. L’hébergeur peut aussi disposer de journaux ou d’une copie de sécurité récente utiles pour la suite.
Puis-je restaurer une sauvegarde tout de suite pour gagner du temps ?
Pas dans ces deux premières heures. Sans savoir depuis quand l’infection est active, la sauvegarde disponible peut déjà la contenir. Cette question se traite à l’étape suivante, celle du nettoyage complet.
Dois-je porter plainte dans l’immédiat ?
Ce n’est pas une action prioritaire dans ces deux heures : elle peut se faire en parallèle des premières actions techniques, une fois l’accès sécurisé, sans empêcher le reste de la démarche.
Combien de temps ai-je réellement avant que la situation empire ?
Il n’existe pas de délai garanti. Chaque heure où le site reste actif avec la faille encore ouverte peut être mise à profit par l’attaquant pour créer d’autres accès ou étendre l’infection, d’où la priorité donnée à limiter l’accès en tout premier lieu.