Mon site n’a pas été entretenu depuis des années
Un site qui tourne depuis des années sans que personne n’y touche n’est pas un site en panne. C’est un site dont le risque a été reporté, et dont la facture arrive d’un coup — le plus souvent le jour où l’hébergeur change la version de PHP, ou celui où une faille connue est exploitée. Avant de décider quoi que ce soit, il faut mesurer l’écart réel.
Ce que « ça marche encore » veut vraiment dire
Un site figé continue de fonctionner tant que son environnement ne bouge pas. Le problème est que l’environnement bouge sans vous : l’hébergeur retire les anciennes versions de PHP, les navigateurs durcissent leurs exigences, les services de paiement changent leurs protocoles, les fournisseurs de messagerie renforcent leurs contrôles d’authentification.
Le site ne se dégrade donc pas progressivement : il fonctionne, puis il ne fonctionne plus, sans étape intermédiaire. C’est ce qui rend la situation trompeuse. L’absence de symptôme n’est pas un indicateur de santé, c’est simplement l’absence de changement extérieur récent.
Six points à mesurer avant toute décision
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La version du CMS et son statut
Reçoit-elle encore des correctifs de sécurité, ou est-elle en fin de vie ? La réponse change complètement le niveau d’urgence, et elle est publique.
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La version de PHP en cours et celle imposée à terme
C’est le compte à rebours réel. Un hébergeur qui annonce le retrait d’une version fixe la date à laquelle le site s’arrêtera si rien n’est fait.
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L’état des modules et extensions
Pour chacun : dernière version publiée, éditeur toujours actif ou non. Un composant abandonné ne recevra jamais de correctif, quelle que soit la faille découverte.
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Le volume et la nature des modifications faites dans le cœur
Un cœur modifié directement empêche toute mise à jour propre. Chiffrer ce volume décide souvent à lui seul entre réparer et refaire.
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L’existence et la validité des sauvegardes
Une sauvegarde jamais restaurée n’est pas une sauvegarde. C’est le premier point à rétablir, avant même la moindre mise à jour.
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La détention des accès
Domaine, hébergement, comptes tiers, licences de modules. Un site ancien a souvent traversé plusieurs prestataires, et la propriété est rarement claire.
Réparer ou refaire : ce qui fait pencher
Je ne réponds jamais à cette question avant l’inventaire, parce que la réponse dépend d’éléments mesurables et non d’une impression. Plaident pour la remise à niveau : un cœur non modifié, des modules encore maintenus, un thème dont les personnalisations sont isolées, un catalogue et un historique de commandes qu’il serait coûteux de migrer.
Plaident pour la reconstruction : un cœur largement modifié, une majorité de modules abandonnés, un thème acheté dont l’éditeur a disparu, une version du CMS si ancienne que le chemin de migration passe par plusieurs paliers successifs. Dans ce dernier cas, l’effort de remise à niveau approche celui d’un site neuf, sans en donner les bénéfices.
- Entre les deux, il existe une voie intermédiaire : sécuriser d’abord ce qui expose, puis planifier la refonte sans urgence.
- Le contenu, les adresses et l’historique se conservent dans les deux scénarios ; c’est le code qui se remplace ou non.
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