Des pages de spam sont apparues dans mes résultats de recherche
Vous tapez le nom de votre boutique dans Google et des pages que vous n’avez jamais écrites apparaissent, souvent sur des sujets sans rapport avec votre activité : c’est une technique d’infection précise, qui vise le référencement de votre site plutôt que ses visiteurs directement.
Ce que révèle une recherche « site:votresite.fr »
- Des dizaines, parfois des centaines de pages indexées que vous n’avez jamais créées
- Des titres en anglais, en russe ou en chinois alors que votre boutique est en français
- Des thématiques récurrentes : pharmacie en ligne, casino, paris sportifs, contrefaçon de produits de marque
- Les liens s’ouvrent normalement quand Google les affiche, mais renvoient une erreur ou un contenu différent en cliquant depuis un autre contexte
- Une chute soudaine du trafic organique légitime, Google ayant commencé à déclasser le domaine entier
- Search Console signale une action manuelle ou un pic d’erreurs d’exploration sur des URL inconnues
Le mécanisme du spam SEO
Cette technique porte un nom précis : le spam SEO, ou « SEO spam injection ». Elle ne cherche pas à tromper vos visiteurs directement, mais à exploiter la notoriété et l’ancienneté de votre nom de domaine auprès de Google. Un domaine actif depuis plusieurs années, déjà indexé et considéré comme fiable par le moteur de recherche, est une ressource précieuse pour faire apparaître rapidement du contenu dans les résultats, plutôt que de partir d’un domaine neuf sans historique.
Concrètement, un attaquant qui a obtenu un accès (via une extension ou un thème obsolète, le plus souvent) génère automatiquement des centaines de pages de contenu, chacune ciblant des mots-clés à forte valeur commerciale : médicaments en vente libre, casinos en ligne, répliques de produits de luxe. Ces pages sont parfois invisibles pour un visiteur normal et ne s’affichent qu’aux robots d’indexation ou aux visiteurs venant spécifiquement de Google, ce qui explique qu’un marchand qui navigue sur son propre site ne remarque souvent rien d’anormal.
Le vecteur d’entrée le plus courant reste une extension ou un thème que personne ne met plus à jour. Selon le rapport 2023 de Sucuri sur les sites piratés (Hacked Website & Malware Threat Report), 39,1 % des applications CMS compromises étaient obsolètes au moment de l’infection, et 13,97 % des sites compromis présentaient au moins une extension ou un thème vulnérable au moment de la remédiation. C’est cohérent avec ce qu’on observe sur le spam SEO : une extension abandonnée depuis longtemps, installée pour une fonctionnalité mineure, reste accessible en ligne alors que plus personne ne la surveille.
Comment confirmer l’ampleur du problème
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Lancer une recherche « site:votredomaine »
Cette commande dans Google liste toutes les pages indexées sous votre domaine. C’est le moyen le plus rapide de mesurer combien de pages injectées existent réellement.
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Consulter le rapport de couverture dans Search Console
Le nombre d’URL soumises au sitemap et le nombre d’URL réellement indexées doivent correspondre à peu près à votre catalogue et vos pages de contenu, pas à plusieurs centaines d’URL inconnues.
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Comparer les extensions et le thème actif à leur dernière version officielle
Une extension WooCommerce ou un thème WordPress qui n’a pas reçu de mise à jour depuis longtemps, même s’il semble fonctionner normalement, est le suspect le plus probable.
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Vérifier les fichiers récemment modifiés sur le serveur
Les pages de spam s’appuient en général sur un ou plusieurs fichiers PHP injectés qui génèrent le contenu à la volée, souvent dans un dossier de thème ou d’extension plutôt que dans le cœur de WordPress.
Pour aller plus loin
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