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Ce que vous devez posséder à la fin d’un projet

À la fin d’un projet, vous devez pouvoir partir avec le site sans demander la permission à personne. Ce n’est pas une question de confiance : c’est la seule protection qui tienne quand un prestataire cesse son activité, devient injoignable ou tombe malade. Voici la liste, et surtout comment vérifier qu’elle est vraie.

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Ce qui doit être à votre nom

  • Le nom de domaine, enregistré au nom de votre entreprise en tant que titulaire, avec un accès direct à l’interface du bureau d’enregistrement. Un domaine détenu par un prestataire est le point de blocage le plus fréquent et le plus grave.
  • Le compte d’hébergement, chez OVH ou ailleurs, avec vos propres identifiants. Si l’hébergement est mutualisé par un prestataire, exigez au minimum de savoir chez qui il est et de pouvoir en sortir.
  • Les accès administrateur du site, avec un compte à votre nom qui ne dépend d’aucun autre. Le backoffice n’est pas un service qu’on vous rend, c’est votre outil de travail.
  • L’accès aux fichiers et à la base de données : identifiants de transfert de fichiers, accès à l’interface d’administration de la base, et connaissance du serveur sur lequel tout cela vit.
  • Le code source, y compris les développements spécifiques faits pour vous, avec le droit de les faire modifier par quelqu’un d’autre. Ce point se traite au contrat, pas à la livraison.
  • Les comptes chez les tiers : prestataire de paiement, transporteurs, outil de mesure d’audience, outils marketing. Chacun à votre nom, chacun avec vos identifiants.
  • Les sauvegardes, ou au minimum la connaissance de leur emplacement, de leur fréquence et de la manière de les restaurer sans votre prestataire.

Le domaine, le seul point vraiment irréversible

Tout le reste se reconstruit. Un site perdu se restaure depuis une sauvegarde, un hébergement se change, un développement se refait. Un nom de domaine détenu par quelqu’un d’autre, lui, ne se récupère pas de force : c’est un contrat entre le bureau d’enregistrement et son titulaire, et vous n’en faites pas partie.

La vérification est simple et prend deux minutes : interrogez publiquement les données d’enregistrement de votre domaine et lisez le nom du titulaire. Si ce n’est pas votre entreprise, ce n’est pas votre domaine, quelle que soit la personne qui paie la facture annuelle. Le contact administratif compte autant : c’est lui qui autorise un transfert.

Ce contrôle mérite d’être fait aujourd’hui, même sur un site qui fonctionne parfaitement depuis des années. Le jour où l’on découvre le problème, c’est presque toujours parce qu’il est déjà devenu urgent.

Comment contrôler que la liste est réelle

  1. Lire le titulaire du domaine, pas la facture

    Le payeur et le titulaire sont deux choses différentes. Seul le titulaire compte. Vérifiez aussi la date d’expiration et l’adresse de contact administratif, qui doit être une adresse que vous relevez.

  2. Se connecter soi-même, à froid

    Ouvrez chaque interface avec vos propres identifiants, un jour ordinaire : hébergement, administration du site, base de données, compte de paiement. Un accès qu’on n’a jamais utilisé est un accès dont on ignore s’il fonctionne.

  3. Télécharger une sauvegarde complète et la garder

    Fichiers et base, chez vous, hors du serveur. C’est le seul exemplaire qui survit à un incident chez l’hébergeur comme à une brouille avec un prestataire.

  4. Restaurer cette sauvegarde une fois

    Sur un environnement séparé, pour prouver qu’elle est exploitable. Une sauvegarde jamais restaurée n’est pas une sauvegarde, c’est un fichier dont on espère quelque chose.

  5. Écrire la liste des comptes et la tenir à jour

    Quel service, quel identifiant, qui d’autre y a accès, et où se trouve le second facteur d’authentification. Ce document vaut plus qu’il n’en a l’air le jour où la personne qui savait n’est plus là.

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Questions fréquentes

Le code développé pour moi m’appartient-il automatiquement ?
Non, cela se prévoit par écrit. Sans clause explicite, un développement réalisé pour vous peut rester la propriété de son auteur, qui vous en concède l’usage. Ce n’est pas un piège en soi, mais cela change tout le jour où vous voulez faire modifier ce code par quelqu’un d’autre. La question se pose au devis, en une phrase, et elle évite un blocage des années plus tard.
Faut-il gérer soi-même l’hébergement pour en être propriétaire ?
Non. Vous pouvez parfaitement confier l’administration à un prestataire tout en étant titulaire du compte. La distinction est simple : posséder, c’est pouvoir changer le mot de passe et partir ; administrer, c’est faire le travail. Confier l’administration est normal, ne pas posséder ne l’est pas.
Mon prestataire refuse de me donner les accès, que faire ?
Commencez par distinguer ce qui est bloqué de ce qui ne l’est pas. Le domaine se traite auprès du bureau d’enregistrement, avec les preuves de titularité. L’hébergement se traite auprès de l’hébergeur si le compte est au nom de l’entreprise. Ce qui est réellement inaccessible relève ensuite du contrat, donc d’un conseil juridique — un développeur ne vous sera d’aucune aide sur ce terrain.
Une sauvegarde chez l’hébergeur suffit-elle ?
Elle est nécessaire mais pas suffisante. Une sauvegarde qui vit sur le même compte que le site disparaît avec lui en cas de suspension, d’erreur de facturation ou d’incident. Il faut au moins une copie ailleurs, sur un support que vous contrôlez, et vous devez savoir la restaurer sans appeler personne.
Que se passe-t-il si mon prestataire cesse son activité ?
Si la liste ci-dessus est vraie, presque rien : vous changez d’interlocuteur et le site continue. Si elle ne l’est pas, chaque ligne manquante devient un chantier séparé, souvent dans l’urgence et parfois sans issue. C’est précisément pour cela que la vérification se fait à froid, pendant que tout va bien.

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